Hier soir à la librairie Apollo de Solaris a eu lieu la soirée poésie consacrée au Printemps de Poètes 2015 organisée par l’Institut français d’Estonie.
En première partie de soirée, les deux poètes estoniens Eda Ahi et Kristjan Haljak se sont succédés sur scène pour partager leurs poèmes en estonien mais également en français.
En fin de soirée, les vainqueurs des deux concours lancés fin février, dont vous trouverez les productions ci-dessous, se sont vu remettre leurs prix.
Plus d’une vingtaine de poètes ont participé à ce concours !! Merci à tous les participants!
Concours des plus de 18 ans:
1ére : Triinu Avans avec J’attaque
2nd : Nikolai Karayev avec Santiano dans le métro
3éme : Marion Reigo avec Le jour de ma vie
Concours des moins de 18 ans :
1éres ex-aequo : Mia Martina Peil avec J’écris ce poème et Marlen Saarma avec un Coucou qui surprend
J’attaque !
J’attaque la bêtise. Elle doit faire sa p’tite valise
parce qu’elle tourne la vie raisonnable à sa guise.
J’attaque le vent – le témoin transparent, tacite.
Combien de temps j’ai besoin pour une réussite ?
J’attaque les utopies qui ont envahies cet
univers. Mon esprit est trop ouvert, ah oui,
en été, en hiver. J’attaque toutes les limites
pour les éliminer vite ! J’espère que la vie
m’invite à accompagner l’aventure qui me donne
le gîte pour ne pas attaquer ceux qui m’irritent.
Triinu Avans
«Santiano» dans le métro
Avril à Paris: le ciel pellucide au-dessus des ponts
Et au-dessous des ponts forme un miroir rond
Qui reflète ma dernière soirée parisienne. Bye-bye!
Je suis quelque part entre Saint-Michel et Raspail
Et à la louange de cette ville comme un poème continu
je chante tout à coup « Santiano » avec des filles inconnues.
Rien à craindre, y a pas de danger, et si Dieu veut
Toujours droit devant, nous irons jusqu’à un pays heureux.
C’est comme les ténèbres éclairées par un phare d’or
Ou comme la lutte spatio-temporelle avec Dark Vador
Ou comme musique des sphères à la caverne de Platon.
C’est comme l’amour jusqu’aux étoiles. Et où va-t-on?..
Métro, boulot, dodo disparaissent dans les paroles.
Ici on est tous des matelots, hisse et ho, la métropole!
Mon âme soupire en silence entre étoiles, voiles et câbles:
Rien n’est parfait, mais cet instant restera impérissable.
Nikolai Karayev
Le jour de ma vie
Je suis le matin,
qui cherche son but.
Comme le soleil,
qui tout juste a vu.
Je suis le jour,
qui a trouvé son but.
Comme la pluie
qui suit tout ce qu’il a vu.
Je suis le soir,
qui change son but.
Comme le vent,
qui avait tout déjà vu.
Je suis la nuit,
qui aime son but.
Comme une étoile,
qui garde tout ce qu’il a vu.
Marion Reigo
J’écris ce poème
J’écris ce poème
Pour qu’il vous fasse
Penser à l’été et à la beauté
Comme les ailes du papillon
J’écris ce poème
Pour que votre imagination travaille
Comme un moulin
Dans le bruissement de l’eau
Pour que vous entendiez
Le chant des oiseaux
Pour que le soleil brille
Comme un diamant taillé
Pour que vous rappeliez
Les nuits très chaudes
Pour que vous voyiez,
Quand vous fermez vos yeux,
Les étoiles de la nuit d’été
Pour que vous rêviez
Et que vous sachiez de quoi attendre.
Mia Martina Peil
Un coucou qui surprend
Dehors est la lune
Et j`ai écrit au plume
Une lettre pour ma grand-mère
Pour son anniversaire
Ma grand-mère lit la lettre
Et elle regard à la fenêtre
Elle voit un hibou
Qui lui dit ’’coucou’’
Ma grand-mère est surprise
Puis elle pousse un cri
Hibou répond doucement
« je ne suis pas si grand »
Marlen Saarma (10 ans)