Baltoscandal est le plus ancien festival des arts du spectacle des pays baltes, attaché à présenter des formes théâtrales innovantes et spectaculaires. Du 6 au 9 juillet, le festival réunira des artistes d’Estonie et du monde entier. La France sera représentée par deux productions : Flesh de Franck Vigroux et The Island (Live A/V) de Franck Vigroux et Kurt d’Haeseler ; ainsi que par le film Jerk de Gisèle Vienne. Le programme français est soutenu par l’Institut français d’Estonie. Rendez-vous au Baltoscandal !
Franck Vigroux (FRA) – Flesh
Puisant à la fois dans l’univers de l’écrivain anglais J.G. Ballard (auteur notamment de Crash et Concrete Island) et dans l’expérience personnelle d’un accident de la route, Flesh explore l’instant précis qui suit le choc, ce court instant où le temps semble s’arrêter ou se dilater. Le moment où l’esprit se détache du corps, pour révéler une vue panoramique d’une scène surréaliste. Des carcasses de véhicules prennent la forme d’objets en mouvement, des viaducs d’autoroute deviennent de gigantesques Golems, des moteurs de voiture semblent léviter au-dessus d’une mer de glace. Et sur ce flot d’images et de sensations, le spectateur vit ce que vit un conducteur en traversant une dimension inconnue… un véritable voyage hallucinogène. Entre opéra électronique et expérience audiovisuelle, Flesh est à la fois un art musical et visuel, une performance de danse/mouvement, un tableau mouvant dont le sens se révèle dans l’expérience et l’émotion qu’il suscite.
Franck Vigroux est l’un des rares artistes à être à la fois musicien et réalisateur. En tant que compositeur-interprète, il a la rare capacité de produire une très large gamme de sons allant de l’électroacoustique au bruit industriel, en passant par la composition moderne et la musique électronique expérimentale.
Interdit aux moins de 14 ans
Durée 55-60 min
Pas de barrière de langue
Le spectacle utilise de la fumée de scène
Mercredi 6.07 22.00 Big Hall
Jeudi 7.07 20.30 Big Hall
Franck Vigroux, Kurt d’Haeseleer (FRA, BEL) – The Island (Live A/V)
Le concert audiovisuel The Island est la plus récente collaboration entre le compositeur Franck Vigroux et le vidéaste Kurt d’Haeseleer. Un duo prolixe qui s’efforce de trouver des modes communs de langage artistique et tente d’inventer des expériences synesthésiques avec une identité propre. The Island est une expérience sensorielle, associative et électrisante, inspirée de plusieurs histoires d’îles et de vallées destinées à être submergées par la construction d’un barrage hydroélectrique, provoquant de profonds bouleversements humains et géographiques. On pense notamment aux immersions de Naussac en Lozère (un village englouti en 1980), au roman Adieu, petite île de Valentin Raspoutine, ou encore au barrage des 3 Gorges en Chine (si grand qu’il a influencé la vitesse de rotation de la planète Terre). The Island questionne le remplacement d’un monde par un autre et notre croyance aveugle au progrès. Un univers fantasmagorique se déploie au travers d’une musique électronique incisive et d’images vidéo qui bousculent la réalité, aboutissant à un « voyage mental » à travers une topographie de lieux en mutation.
Durée 45 min
Pas de barrière de langue
Jeudi 7.07 23.59 Kino
Gisèle Vienne (FRA) – Jerk
Film
Après une tournée internationale de 12 ans, la réalisatrice Gisèle Vienne décide d’adapter au cinéma son spectacle culte Jerk. A travers un long plan-séquence, c’est la lutte entre un acteur et son rôle extrême que nous vivons de manière viscérale. C’est aussi celui du passage du drame au cinéma. Avec une forte inspiration du film de genre, notamment des films d’horreur, c’est la fascination pour l’ultra-violence qui est explorée à travers les questions de rapports de domination, d’incarnation des corps et de désincarnations.
Jerk est une reconstitution imaginaire – étrange, poétique, drôle et sombre – des crimes perpétrés par le serial killer américain Dean Corll qui, avec l’aide des adolescents David Brooks et Wayne Henley, a tué plus de vingt garçons dans l’État du Texas au milieu des années 70. Dans cette série, David Brooks purge sa peine de prison à vie. En prison, il apprend l’art des marionnettes, ce qui lui permet en quelque sorte de faire face à sa responsabilité de complice des crimes. Il a écrit un spectacle qui reconstitue les meurtres commis par Dean Corll, en utilisant des marionnettes pour tous les rôles. Il présente son spectacle en prison devant une classe d’étudiants en psychologie d’une université locale. L’histoire, aussi réaliste qu’elle soit, semble à la limite de l’irréalisme. Le réalisme apparent de la pièce provient de sa narration linéaire, ainsi que de son histoire vraie et de l’identification totale du marionnettiste-tricheur au personnage fictif de David Brooks.
Jerk est la quatrième pièce produite en collaboration avec l’écrivain américain Dennis Cooper. Dans ces pièces, les liens entre la fantaisie et la réalité sont constamment interrogés ou explorés, altérant ainsi notre perception de la réalité. Plus réaliste, Jerk propose un récit linéaire cohérent, générant la crédibilité qui découle indéniablement de cette forme. Et c’est cette crédibilité qui est réexaminée à travers nos différentes expériences formelles.
Gisèle Vienne est une artiste, chorégraphe et metteur en scène franco-autrichienne. Après une licence de philosophie, elle a étudié à l’Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette. Depuis la création de la compagnie en 1999, plus de 20 spectacles, expositions, installations, pièces radiophoniques, livres audio et films ont été créés. Vienne a été présentée au festival Baltoscandal en 2008 avec le spectacle I Apologize. En 2020, un film de Patric Chiha Si c’était de l’Amour, tiré de Crowd de Gisèle Vienne a été projeté au festival Baltoscandal. En 2018, la pièce radiophonique Jerk a été présentée au festival NU Performance à Tallinn.
Durée 60 min
En français avec sous-titres en estonien et en anglais
Vendredi 8.07 20.30 Kino
Samedi 9.07 17.30 Kino
