Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées deux familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche. Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral…
Critique lors de la sortie en salle le 31/10/2017
Par Pierre Murat
Ce moyen métrage est issu d’une installation étonnante. Projetées au cinéma, les images redoublent de force et de beauté. On y sent, surtout, le thème qui irradiait son premier long métrage, Ni le ciel ni la terre, où des soldats perdus combattaient sans trop savoir pourquoi des adversaires invisibles, avant de disparaître, les uns après les autres, sans qu’on les retrouve jamais… Ici, deux clans s’affrontent dans un lieu paumé de la Sibérie orientale : les Braguine (que l’on voit) et les Kiline (que l’on devine dans l’ombre). Le réalisateur filme le quotidien de ces exilés loin de toute civilisation, comme une sorte de rituel condamné à disparaître tôt ou tard. D’où l’angoisse permanente des Braguine, leur paranoïa grandissante envers les Kiline qu’ils voient comme les messagers de leur défaite programmée. Clément Cogitore les filme en une suite de plans-séquences épurés et troubles : des cliquètements, des aboiements y résonnent sans cesse, la nuit, tandis qu’une lampe torche tente maladroitement d’éclairer des espaces à jamais menaçants.
De : Clément Cogitore
Pays : France
Année : 2017
Durée : 49′
NB! en russe, sous-titré anglais
Au musée de KUMU
Le 18. avril à 18H00
GRATUIT !
Organisé par :
